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  <title>Le clébard à sa mémère - Dossier du mois</title>
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  <description>Le Clébard (à sa mémère) est un journal satirique et alternatif rennais à parution irrégulomadaire !</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 16 Nov 2008 19:24:03 +0100</pubDate>
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    <title>Clebard n°20 : le PS à Rennes</title>
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    <pubDate>Sat, 08 Nov 2008 11:53:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard20/cleb_Pub.jpg&quot; /&gt;Pourquoi les socialistes rennais participeraient-ils du questionnement qui anime nationalement le PS ? Puisque leurs candidats gagnent les élections, y compris contre le PS national. Ainsi de l’élection comme député de Marcel Rogemont, exclu pour non-respect de la parité mais soutenu par la fédération d’Ille et Vilaine contre la candidate officielle.    &lt;p&gt;Pourquoi le PS rennais se remettrait-il en cause ? Il a
remporté le scrutin municipal haut la main, en se payant le luxe
d’éliminer les Verts et de ne pas avoir à répondre à la LCR. Il s’est
maintenu et a même renforcé son implantation départementale aux
dernières cantonales. Et, cerise sur le gâteau, il a explosé tous les
pronostics aux sénatoriales fin septembre, marginalisant au passage les
Radicaux de gauche dans le département.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien ne l’empêche de
gérer en rond : majoritaire à lui seul au conseil municipal de Rennes,
majoritaire à Rennes Métropole, majoritaire au Conseil Général.
Franchement, pourquoi se piquer de participation des individus, de
renouvellement des pratiques démocratiques, d’une recomposition de la
gauche, d’associer des partenaires, d’accueillir de nouvelles idées ?
Tout Rennes baigne dans le rose, mais poing trop ne faut.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La vie en rose</title>
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    <pubDate>Sat, 08 Nov 2008 11:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard20/clebPub201.JPG&quot; /&gt;Qu’il fait bon vivre dans une ville de gauche. Vous avez dit de gauche ? Oui, enfin disons que
le parti socialiste rennais est une véritable institution. Fort de son
« bilan », il règne à nouveau sans partage sur la vie politique
locale depuis les dernières élections municipales.    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard20/clebPub201.JPG&quot; /&gt;Outre
une opposition en déconfiture – rappelons que la tête de liste élue en 2007,
Karim Boudjema a, depuis son élection, démissionné du Conseil municipal et que
la tête de liste du Modem Caroline Ollivro se voit contrainte à la démission
après l’invalidation de ses comptes de campagne – l’absence des Verts et de la
LCR au Conseil municipal limite sensiblement le paysage politique à gauche.
Certes, on peut noter la présence de petits partis comme les Radicaux de gauche,
l’Union Démocratique Bretonne, les Rouge et vert, Rennes Métropole Ecologie et
le Parti Communiste. A y regarder de plus près, que penser du pouvoir politique
réel de ces petits partis satellites ? Comment faire valoir ses idées
lorsque sa subsistance politique dépend du bon vouloir d’un parti hégémonique
et peu tolérant quant aux écarts de conduite de ses partenaires ? Car le
parti socialiste rennais durant les municipales avait annoncé la couleur :
on est avec le parti socialiste ou contre lui ! &lt;span&gt; &lt;/span&gt;Cette oukase, que peut se permettre un parti
ayant réalisé un score écrasant tant aux municipales qu’aux sénatoriales
interroge tout de même quant à la volonté des élus de la majorité de susciter
une véritable vie démocratique au sein des institutions politiques locales. Les
plus avertis ont pu suivre les négociations entre partis dans la presse
quotidienne régionale : les Verts ayant choisis de présenter une liste
autonome dès le premier tour, ils se sont vus exclus d’une négociation au
second tour avec le parti socialiste. Comme si tenter d’exister politiquement à
gauche en dehors du PS constituait une offense telle qu’elle devait se solder
par une sanction à la hauteur du crime de lèse majesté. Bien-sûr, les listes
sont constituées dès le premier tour et les partis font campagnes sur ces dites
listes. Cela serait-il trahir les électeurs que de modifier entre les deux
tours des listes de toute façon provisoires ? Franchement, lorsqu’on
connaît le capital de sympathie des électeurs de base socialistes pour les
Verts, lorsqu’on inventorie les nombreuses tentatives d’alliance entre le PS,
le PC et les Verts de la « gauche plurielle » à la « gauche
unie », une alliance de second tour avec eux serait-elle à ce point contre
nature ? On peut, par comparaison, &lt;span&gt; &lt;/span&gt;légitimement se demander combien le PC pèse en
termes de voix&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;aujourd’hui et quel
serait son score s’il se présentait en dehors d’une liste d’union à Rennes
? En a-t-il même les moyens ? Et pourtant…le PC, fidèle parmi les fidèles
se voit récompensé de six élus. La peur de la droite ? A Rennes, son
compte est bon depuis longtemps. Il était malhonnête de faire jouer cette corde
là et d’effaroucher les électeurs avec une très improbable victoire de l’UMP
local.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;Au
final, Rennes s’illustre comme l’exemple type&lt;span&gt; 
&lt;/span&gt;de « la société des socialistes » décrite par les politistes
Lefèbvre et Sawicki : une société de plus en plus renfermée sur elle-même
et centrée sur la préservation de ses positions de pouvoir, avec un
fonctionnement archaïque propre, basé sur la sanction et la récompense.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Le Centre de Rétention Administrative, notre « petit coin » cracra</title>
    <link>http://www.leclebard.org/index.php/post/2008/11/02/Le-Centre-de-Retention-Administrative-notre-petit-coin-cracra</link>
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    <pubDate>Sun, 02 Nov 2008 17:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard20/cleLe_CRA2.JPG&quot; /&gt;(photos : F.Lepage, dr) &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;Sans-papiers : la France, « terre
d’immigration », aurait-elle désormais les mains sales et les idées encore
moins propres ? Le CRA (Centre de rétention administratif) ne sonne en
effet pas très « clean » et ignorer ce qui s’y passe ne peut soulager
nos (mauvaises) consciences. Les derniers événements du site de rétention pour
étrangers à Saint-Jacques de la Lande viennent nous le rappeler.&lt;/p&gt;    Le 26 septembre, dans un grand quotidien national, une brève
qui devient presque banale : &lt;em style=&quot;&quot;&gt;« Après
avoir été placé en garde à vue avec ses parents sri-lankais sans titres de
séjour, un enfant de 12 mois a été enfermé au centre de rétention administratif
de Rennes dans l’attente d’une mesure d’expulsion. »&lt;/em&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; Quelques jours
plus tôt, c’était un Haïtien de 52 ans, vivant depuis 18 ans en France, qui
venait de voir rejeter par le tribunal administratif de Rennes son dernier
recours contre l’arrêté de reconduite à la frontière. Plusieurs parents
d’élèves de l’école de Quineleu, où est scolarisée sa fille de quatre ans, ont
d’ailleurs manifesté devant la préfecture pour dénoncer cette décision de
justice.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Fin août, un contrôle osseux sur un adolescent accueilli à
la Maison de l'enfance de Bruz était exigé par la PAF (Police aux frontières)
pour déterminer la majorité -ou non- de Zaya, jeune sans-papiers originaire de
Mongolie. Au final, plus de peur que de mal grâce notamment à la&lt;span style=&quot;&quot;&gt;  &lt;/span&gt;mobilisation de militants et du président du
conseil général, Jean-Louis Tourenne. Ce « test génétique » rappelle
le cas Julio du mois de juin. Ce jeune Angolais avait été sauvé in extremis,
grâce à la mobilisation des élus de gauche et des enseignants de son lycée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Une actualité chassant l’autre, l’événement tend à se
banaliser comme si tout cela devenait « normal » et terrible à la
fois. Le rythme impitoyable des médias altère et affadie notre sentiment
d’indignation. Et pourtant…&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Un test génétique sur des adolescents considérés comme des
criminels sexuels, des familles que l’on traite comme des prisonniers de droit
commun dans des centres de rétention - c’est-à-dire des camps d’internement
avec rangées de grillages et barbelés - comment justifier de telles pratiques
en France ? Notre beau pays, dit des « droits de l’homme »,
bénéficiait jusque-là d’une image de terre d’accueil à l’étranger. Serait-il
sur le point de renier le fondement de sa propre civilisation et sa propre
Histoire ? Imaginons un instant que cette politique fusse pratiquée au
siècle dernier. Elle aurait permis en 1912 de refouler les Arméniens rescapés
du génocide (exit Aznavour), d’empêcher les familles pauvres d’Italie du sud de
venir travailler dans les mines de Lorraine (Ciao Platini), d’expulser les
Maghrebins arrivant à Marseille pour construire la France des trente Glorieuses
(adieu Zidane). Peut-être seul effet positif, elle aurait eu le mérite de ne
pas accueillir sur son sol un certain Pal Sarkozy, immigré Hongrois quittant
son beau pays communiste pour raisons politiques et ayant ensuite la mauvaise
idée de concevoir un fils, futur président de son pays d’accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard20/clebLeCRA.JPG&quot; /&gt;Au-delà de questions purement politiques, et souvent
partisanes voire démagogiques, concernant la question de l’immigration en
France, les situations de famille étrangères dans les Centre de rétention
administratif ne peut que nous interpeller et bousculer notre bonne conscience.
Une question morale presque philosophique se pose : peux-t-on accepter un
traitement policier envers des personnes ayant commis le seul crime de vouloir
vivre ou survivre dans un autre pays ? &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Cette volonté de quitter la misère de son propre pays pour
tenter de faire sa vie dans des contrées plus hospitalières est la raison même
de tout flux migratoire depuis que le monde existe. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;La France a d’ailleurs construit sa propre identité dans ce
creuset de populations venant s’y installer. C’est un peu notre propre système
de valeurs qui s’effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Est-ce vraiment le monde libre que regarde cet enfant et sa
mère à travers le grillage du CRA ? Où est-ce nous qui sommes prisonniers
de l’idée absurde et malsaine que notre pays riche, si convoité, doit devenir
une forteresse imprenable pour garder notre liberté ?&lt;span style=&quot;&quot;&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Times;&quot;&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Les lignes politiques ne bougent pas, elles s’emmêlent...</title>
    <link>http://www.leclebard.org/index.php/post/2008/02/26/Les-lignes-politiques-ne-bougent-pas-elles-semmelent</link>
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    <pubDate>Tue, 26 Feb 2008 20:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard19/Couv-HS-19.jpg&quot; /&gt;De nombreux observateurs se gargarisent des lignes politiques qui bougent. A bien y regarder les
clivages fondamentaux demeurent tandis que leur perception s’amenuise au
bénéfice des carrières de certains. Brouillage des repères et quête de
repaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certes, les élections
locales sont toujours propices aux chassés-croisés et aux tactiques
individuelles les plus sinueuses. Mais ces derniers prennent cette fois-ci une
ampleur nouvelle et relèvent pour une part de stratégies collectives. Au
détriment des enjeux démocratiques et des plus faibles qui risquent une fois
encore d’être abusés.&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On en a eu la première illustration dans le vote populaire
en faveur de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a su entretenir habilement ce
dévoiement à travers « l’ouverture ». Au-delà des transfuges les plus
médiatiques, nombre d’anciens collaborateurs socialistes émargent dans
différents ministères. Le retard de la réaction du PS n’a pas contribué à
éclaircir la situation : ses adhérents passés chez l’adversaire n’ont été
exclus que plusieurs mois après.&lt;/p&gt;
&lt;h1 style=&quot;text-indent: 0cm;&quot;&gt;Du vert au orange en passant par le rose&lt;/h1&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne faudrait pas omettre les transferts Verts en direction
du MoDem. En particulier deux anciens secrétaires nationaux, l’un d’eux (Yann
Werling) étant même encore porte-parole national quand il a fait le choix de
figurer en numéro 2 sur la liste centriste de Strasbourg ! Dans un autre
registre, Anne Le Strat, sortante parisienne Verte, n’a pas été reconduite
comme candidate par les militants. Qu’à cela ne tienne, elle se présente sur
une liste PS. Sur Rennes, 5 élus sortants Verts sur 7 se sont d’emblée ralliés
à la liste d’union de la gauche, avant que les militants Verts locaux ne
décident de lancer leur liste distincte de celle du PS et ses satellites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Modem ou hub ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le MoDem est lui-même victime de ces retournements et
trahisons. Son positionnement national, ou plus exactement son absence de
positionnement, altère encore la lisibilité des lignes de partage. Il s’allie à
l’UMP à Bordeaux tandis que le Nouveau Centre (qui regroupe les centristes
vassalisés de la majorité présidentielle) y présente une liste autonome !
Il compose en revanche des listes communes avec le PS dans plusieurs villes de
la région parisienne ou encore à Grenoble. A Marseille, ses troupes se
retrouvent sur les listes de droite, de gauche et une liste propre, certains
assurant que les élus de ces différentes listes formeront malgré tout un groupe
commun dans la future municipalité ! Division tripartite identique à Lyon :
les cadres de l’ancienne UDF privilégient qui Perben, qui Gérard Collomb, alors
que les nouveaux adhérents MoDem avaient remporté le vote interne sur le
principe d’une liste autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce clivage entre anciens cadres UDF et nouveaux adhérents
MoDem se retrouvent dans maintes villes, tout particulièrement à Rennes. Les
premiers, minoritaires, souhaitaient reconduire l’alliance avec la droite. Et,
alors qu’elle avait été désignée à une large majorité pour mener une liste
autonome, Caroline Ollivro a du aller quémander son investiture directement
auprès de François Bayrou à Paris. Aujourd’hui encore, sur le site du MoDem 35,
il n’y a même pas de lien vers le site de campagne de Caroline Ollivro…&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard19/Desaix_Photo-intro-HS.JPG&quot; /&gt;Les voies du trotskisme sont impénétrables.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On aurait pu s’attendre à plus de rigueur à l’extrême
gauche. Las, Lutte Ouvrière craint de se faire doubler à gauche par une LCR
surfant sur son score à la présidentielle. Ni une ni deux, LO prend la LCR sur sa droite. Au nom du danger
sarkozyste qui a bon dos, après avoir renvoyé droite et gauche dos-à-dos
pendant plus de 20 ans, LO s’allie dès le premier tour avec le PS dans quelques
villes comme Saint Brieuc et se déclare prête à fusionner avec les
ex-social-traîtres dans l’entre deux tours partout ailleurs (encore faut-il que
ses listes fassent 5%, seuil requis pour la fusion). Logiquement, LO devrait
donc appeler à voter Delaveau au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La LCR,
aspirant à son dépassement dans un grand (tout est relatif) parti anticapitaliste,
se demande où elle va exactement, à part derrière Besancenot. Reprenant la
méthode qui a fait les riches (tout est à nouveau relatif) heures de LO, la LCR joue de son porte-étendard
médiatique national comme les frères ennemis exhibaient hier Arlette Laguiller
pour les élections locales. A l’image de Nantes ou Saint Herblain, les
camarades de Besancenot sur Rennes se sont en outre alliés sur une liste
ouverte à Emgann, mouvement de la gauche indépendantiste bretonne qui vient de
changer de nom pour s’appeler Breizhistance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour clarifier le tout, les trotskistes du Parti des
Travailleurs fondent eux-aussi un Nouveau Parti Ouvrier. Ils se présentent
officiellement à Rennes comme une simple composante de la liste sobrement
intitulée « &lt;span&gt;Pour les services
publics, la démocratie communale, la laïcité, les droits ouvriers : Rupture
avec l'Union Européenne », liste menée par une ex-adhérente du PS.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h1 style=&quot;text-indent: 0cm;&quot;&gt;De l’UMPS à Véolia&lt;/h1&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Même l’UMP n’est pas exempte de ces vicissitudes. A Rennes
ou à Mulhouse, ses militants et ses cadres sont pris à rebrousse-poil par des
candidatures imposées depuis Paris (Loïc Lebrun en sait quelque chose). Comme
l’a révélé le monsieur élections de l’Elysée en pleine trêve des confiseurs,
rien n’est fortuit. En transposant ladite « ouverture » au niveau
local, la stratégie présidentielle vise délibérément à brouiller le champ
politique et, de là, la lecture des résultats des échéances municipales. Le
grand manitou crée ainsi de toute pièce SON opposition qui lui doit tout.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le PS rennais ne procède pas autrement en façonnant sur sa
liste SES radicaux de gauche, SES communistes et SES écologistes à qui il se
contente de promettre quelques postes. Ces épigones divers et avariés
n’existent plus par eux-mêmes, seulement dans l’ombre tutélaire de leur
pygmalion. De fait, ils ne sont plus en mesure d’instaurer un rapport de force
politique et d’infléchir l’ordre local socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On se retrouve ainsi avec des élus communistes, grands
défenseurs du service public devant l’éternel, qui votent comme un seul homme
en 2004 l’abandon de la gestion de l’eau à Véolia, multinationale à l’emprise
tentaculaire sur Rennes, sa communauté d’agglomération et même le
département : traitement des déchets via sa filiale Netra-Onyx, chauffage
urbain sur Rennes-Nord à travers sa participation en capital à la SOBREC, transports interurbains
dévolus à sa filiale TIV, nettoyage des parties communes des collectifs de
l’office départemental d’HLM (filiale Renosol)…&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’empire Véolia à Rennes, le brouillage des lignes
politiques suscité nationalement par le sarkozysme ou entretenu dans la
capitale bretonne par le PS se rejoignent pour poser la question de la
représentation démocratique et des engagements pris devant les électeurs. Les
rennais élisent des conseillers municipaux pour assumer les responsabilités
collectives et publiques de la ville. Pas pour que les élus se défaussent et abandonnent
ces responsabilités à des intérêts privés ! Il ne suffit pas de battre la
droite, encore faudrait-il gagner à gauche sur des idées et des pratiques. En somme :
battre la droite, vaincre à gauche.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>N°18 Merde in Fac… Ca bouge en Sarkozie</title>
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    <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 18:21:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard18/Desaix_Couv18.JPG&quot; /&gt;Le président de l’Université de Rennes II, Marc Gontard, sans aucun
doute mécontent de ne pouvoir dès à présent profiter de l’autonomie promise par
la loi LRU (Liberté et Responsabilité des universités) dite loi Pécresse, a
subtilement stigmatisé les étudiants bloqueurs en les qualifiant de Khmers
rouges. Les médias eux n’ont cessé de relever combien les grévistes leur voulaient
du mal. D’ailleurs les grévistes qui sévissaient dans les transports en commun
ces derniers temps sont devenus des preneurs d’otages d’usagers – ces derniers
répétant d’ailleurs leur agacement à être « pris en otage ». Le
message est désormais clair : Soyez mécontents, s’il vous en dit, mais
faites le savoir uniquement dans les limites d’une concertation autour d’une
table, entourée de caméras et de micros, avec des grands sourires courtisans et
des responsables politiques ou syndicaux heureux d’être parvenus à un accord
qu’ils sont les seuls à percevoir. Mais n’allez surtout pas empêcher le bon fonctionnement
des institutions et du train-train quotidien sous peine d’être décréter
antisocial. Ou comment le gréviste est devenu, au choix, un privilégié ou un
terroriste minoritaire.&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors que les mouvements sociaux
sur les facs et dans les dépôts des transports en commun semblent s’éteindre,
on peut s’estimer heureux d’avoir échappé à un scénario tatchérien. Margaret
Thatcher, au début des années quatre-vingts avait ainsi décapité le
syndicalisme anglais en refusant de céder dans un bras de fer homérique qui
l’opposait aux mineurs. Car il faut bien reconnaitre les dangereuses
similitudes entre la manière de négocier des ministres sarkozystes et des
conservateurs britanniques ou des néolibéraux de toute sorte : diviser
pour mieux régner.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Surtout, il est important de
souligner combien ce mouvement social a constitué le premier frein à
l'omnipotence de Sarkozy : enfin, des acteurs sociaux se posent en face du
césarisme du président français. La relation directe qu'il revendique avec
l'électorat a été battue en brèche. Il ne peut plus se contenter d’arguer des
53% de français qui ont voté sur son nom au second tour de la présidentielle
pour gouverner sans concertation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Fort heureusement il reste des
instances de médiation qui sont autant d'outils pour une possible résistance.
Des syndicats qui ont réussi à mobiliser un nombre imposant de
manifestants - ils étaient près de 20 000 à Rennes, le 20 novembre
dernier – et qui ont parfois envoyé paitre leurs dirigeants convaincus de
faiblesse à l’égard du gouvernement. Des partis ont solidifié leur enracinement
dans une posture de résistance au démantèlement des acquis sociaux : chez
certains Verts, à la LCR, du côté de LO et même dans une partie du PCF,
l’action l’a emporté sur les querelles de chapelle dans lesquelles l’opposition
parlementaire s’enlise depuis si longtemps. A voir, pour se fendre la pipe, les
déclarations « responsables » de l’éternel second du PS, Juju Dray,
contre le blocage des universités. Enfin, minoritaires ou non (mais est-ce là
le fond du problème ?), des étudiants décidés ont une nouvelle fois (on se
souvient du mouvement contre le CPE) réussi à remettre en débat la loi de
réforme de l’université qui avait été accepté en catimini quelques mois
auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais cette résistance demeure
timide, faute d'alternative et de débouchés politiques. La responsabilité des
élus de la soi-disant opposition est là évidente, sans être les seuls en cause.
Les régimes spéciaux seront d’ailleurs bien remis en cause, les dirigeants
syndicaux dans leur majorité n’osant pas aller contre la pensée dominante qui
se pare de « l’équité ». Il serait pourtant bon de rappeler que cette
notion est complètement dévoyée : l’abolition des régimes spéciaux revient en
réalité à l'abolition de l’équité, c’est-à-dire prendre en compte la
spécificité des conditions pour appliquer des régimes différents. En soumettant
tout les salariés à la même diète, il s'agit plus exactement d'égalité dont on
devrait parler, comme la TVA qui s'applique sans discernements quels que soient
les revenus de ceux qui la paient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors, fallait-il aller plus loin
? Il paraît que les syndicats se seraient retrouvés isolés dans l'opinion,
perçus par cette dernière comme défendant des privilèges. La même argumentation
était déjà déployée en 1995 par les sondeurs et les éditorialistes. Faute de
voir les usagers excédés s'en prendre directement aux grévistes,
« on » avait considéré que les Français faisaient grève par
procuration, à travers les cheminots en particulier, regardant avec
bienveillance ceux qui défendaient les acquis sociaux, ceux qui s'opposaient au
rouleau compresseur néolibéral. D’ailleurs, on parlait alors de formidables
mouvements de solidarité entre les gens, le covoiturage et l’entraide
l’emportant sur cette systématique dénonciation de « la prise en otage des
usagers par une catégorie de privilégiés ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais les temps auraient changé,
nous affirme-t-on et il faut absolument réformer la France, nous prévient-on,
sans pour autant pouvoir nous expliquer en quoi tout va si mal. Pourtant quand
on voit la multiplication des conflits sociaux dans le secteur privé depuis la
rentrée, notamment dans les boîtes de l'agroalimentaire mais aussi dans la
banque LCL, on peut penser que l’indulgence réciproque entre grévistes (qui
perdent de l’argent lorsqu’ils font grève) et travailleurs (qui subissent les
inconvénients d’une immobilisation des transports, par exemple) se développe
entre tous ceux qui sont en lutte, qui résistent, même si leurs revendications
respectives ne portent pas sur les mêmes objets. Ceci étant dit, dans le privé
ou dans la fonction publique, le pouvoir d'achat est finalement toujours le
moteur des grèves et mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui ressort nettement des
récentes mobilisations, c'est que la « base » pousse à la roue quand
les dirigeants nationaux des différentes confédérations se montrent plus
circonspects. Le mouvement étudiant est en cela emblématique - et, d'ailleurs,
il n’est pas encore achevé. Et de là viendra peut-être une nouvelle façon de
faire de la politique. D’ailleurs, lorsque des&lt;span&gt; 
&lt;/span&gt;fractions de la « base » se radicalisent (dans ce qui
pourrait, nous l’admettons, devenir une fuite en avant vaine : autonomes sur
les facs, sabotages à la SNCF...) cela n’est rien d’autre que le symptôme de
l'écart qui se creuse entre la base et ses dirigeants, entre la base et la
pensée dominante, entre deux monde qui risquent de ne plus se comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right;&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: right;&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>L’angoisse du journaliste au moment de l’AG étudiante</title>
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    <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 18:18:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard18/Desaix_Dossier_Article.JPG&quot; /&gt;Ils en auront bavé nos journalistes, ils se seront fait malmener nos
localiers, ils auront eu peur nos faits-diveristes. Le mouvement étudiant n’a
pas été tendre avec les plumitifs en les tenants à l’écart des Assemblées
Générales et les empêchant de faire leur taf. Entrave au droit de l’information
ou prise de conscience de l’instrumentalisation de l’information ?&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le 18 novembre, un affligeant magazine
de M6 proposait de suivre un reportage consacré à la fac occupée de Rennes 2.
« Une équipe de 66 Minutes a passé la semaine au cœur d'une université
prise en otage » annonçait le site de la chaîne.On s’attendait donc à
voir une équipe de &lt;em&gt;66 Minutes&lt;/em&gt; passer la semaine au cœur d’une université prise en otage. Et pourquoi pas, si c’était
la vérité ? Le hic, c’est que l’équipe en question faisait une brève
incursion caméra cachée dans le hall B du campus, suivait ici les CRS, là le
président de l’université, interviewait quelques anti-bloqueurs et qu’en guise
de semaine passée au cœur de l’université, on n’apprenait peau d’balle sur les
activistes « preneurs d’otage », sur l’organisation du mouvement ou
sur les enjeux d’une telle contestation. Car le traitement du mouvement contre
la loi Pécresse – et, ne soyons pas naïfs : de l’actualité en général –
n’a été bien souvent que recherches de sensationnalisme. Il suffisait de suivre
la manifestation qui a arpenté le centre ville de Rennes, jeudi 15 novembre,
pour s’émerveiller devant le professionnalisme des journalistes qui suivaient
les manifestants, en groupe, en discutant de la pluie et du beau temps, fumant
une petite cigarette par là, faisant une blague par ici, tout en attendant
l’image choc qui ne tarda pas à arriver : Lorsque les forces de l’ordre
dispersèrent la manifestation devant le centre commercial Colombia, les
journalistes bondirent – comme la vérole sur le bas clergé – et l’on vit les
mêmes photos, les mêmes images assorties des mêmes commentaires dans tous les journaux
du soir et du matin suivants. Et aucune explication de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nos amis les journalistes
s’étonnent donc à présent que les étudiants qui bloquent la fac de Villejean
les empêchent d’assister aux assemblées générales ou même de prendre des images.
Certains déclarent que « ce n’est pas Bagdad mais » mais qu’ils vont
travailler « la peur au ventre ». A quand des gilets pare-balles
distribués aux correspondant locaux de Ouest-France ? Il ne s’agit évidemment
pas de souhaiter qu’un contrôle, quel qu’il soit, s’exerce sur les médias -
qu’il vienne des sphères politiques et économiques ou même des manifestants - ,
mais on est quand même en droit de partager le ras-le-bol des grévistes. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du côté de la Section Rennaise de
l’Internationale Sardonique (SRIS), le collectif qui diffuse le journal de critique
des médias &lt;em&gt;Le Plan B&lt;/em&gt;, on sourit des
inquiétudes des médias traditionnels : « Qu’est-ce que diraient les
journalistes si des étudiants exigeaient d’être présents lors de leur
conférence de rédaction ? Peut-être que les bloqueurs de la fac veulent simplement
débattre sans être sous l’œil de leurs caméras ». &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais ce changement de ton à
l’égard de la presse ne passe pas car le journaliste du coin s’étonne
qu’on l’empêche de « faire simplement son boulot ». L’entrave à la
liberté de la presse n’est pas loin, la violence physique non plus. La
preuve : des œufs ont été lancés sur des cameramen le 22 novembre dernier
et des jeunes manifestants ont hurlé des « Ouest-France collabo »
sous les bureaux de la rédaction du journal le plus lu de France. De véritables
graines de terroristes !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant, ce rapport désormais
conflictuel entre médias « dominants » et grévistes serait à relier à
un mouvement plus ample. Ainsi on observe également une défiance nouvelle de la
base vis-à-vis des cadres syndicaux et politiques. Lorsque Bernard Thibault ne
parvient pas à forcer les encartés de la CGT cheminots à reprendre le travail,
lorsque Jean-François Chérèque, le boss de la CFDT doit calter de la récente manifestation
parisienne des fonctionnaires sous les cris de « Chérèque traitre », lorsque
les électeurs du PS votent en majorité contre le référendum européen et en
désavouant la direction du parti&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;-
celle-là n’ayant d’ailleurs d’autres politesse que d’accepter, deux ans plus
tard, le mini-traité simplifié concocter par Sarkozy -, on voit bien que les
sans-grades commencent à en avoir soupé de l’allégeance de leurs représentants
vis-à-vis du gouvernement. Une vraie rupture s’annonce en effet entre les
forces jusqu’alors considérées (on se demande d’ailleurs par quel tour de passe-passe)
jusqu’alors comme protectrices des plus pauvres et des précaires et qui se
drapaient avec fierté dans cette posture, soit les partis de gauche, les
syndicats et les médias « objectifs », et ces pauvres et précaires là.
D’ailleurs, il serait démagogique de croire que seuls les pauvres et les
précaires prennent conscience de l’imposture comme il serait démagogique de
croire que les mouvements sociaux actuels ne concernent que les plus pauvres et
les plus précaires. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le métier de journaliste n’est
pas anodin, celui qui l’exerce à l’époque de l’argent roi doit accepter d’être
le vecteur d’un message et d’une idéologie, et de répondre aujourd’hui aux
exigences de grands groupes économiques qui préfèrent investir leurs bénéfices
dans des journaux gratuits remplis jusqu’à la gueule de publicité. On n’est pas
journaliste comme on est conducteur de train ou garçon de café et se raccrocher
à la sacro-sainte et pourtant impossible objectivité pour se dédouaner de son
appartenance à des journaux financés par des marchands d’armes, ça eut
peut-être marché, mais ça ne marche plus. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/Langoisse-du-journaliste-au-moment-de-lAG-etudiante#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Un entretien (presque) imaginaire du Clébard avec Marc Gontard président de l’université Rennes 2</title>
    <link>http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/Un-entretien-presque-imaginaire-du-Clebard-avec-Marc-Gontard-president-de-luniversite-Rennes-2</link>
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    <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 18:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard18/Desaix_ITWGontard.JPG&quot; /&gt;Rampant entre les quolibets des jeunes enragés et les regards
courroucés des antiblocages en chômage technique, le Clébard s’est traîné
jusqu’à la cafeteria dévastée du bâtiment EREVE sur le campus de Villejean. Là,
un brave homme - un peu éméché, soyons francs - qui ressemblait étrangement à
Marc Gontard, président de l’université, lui a confié ses angoisses face à la
chienlit qui touche sa fac.&lt;/p&gt;    &lt;strong&gt;Diable ! C’est pire qu’à Bagdad ici ! Qu’est-ce qu’il s’est
passé ?&lt;/strong&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les agités du bocal du Hall B
sont venus faire main basse sur les barres chocolatées et les sodas. Ils ont
tous cassé sans même un regard pour l’esthétique commerciale du lieu, de vrais
dégoutants. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Franchement, Marco, qui sont les vrais responsables de ce
capharnaüm ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce sont les Khmers rouges qui
sont retranchés dans le Hall B depuis un mois, j’te dis. Mais en fait ce sont
les gonzes de Sud étudiant Rennes qui manipulent des « révolutionnaires
situationnistes », « des anarchistes » pour s’en servir comme
« force de frappe »&lt;a href=&quot;http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/#_ftn1&quot; name=&quot;_ftnref1&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Pour
moi zéro plus zéro égale la tête des totos ! [il se fend la pipe]&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tu dois te sentir bien seul ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, tu peux le dire. J’ai déjà
fait appel à plusieurs reprises au CRS qui ont évacué la Fac mais le lendemain
les bloqueurs se sont repointés. Je vais commencer à croire qu’ils ne
respectent pas mon autorité. Et ça, ça me déprime si tu savais. Mais il faut
qu’ils se méfient, moi aussi j’ai ma force de frappe : le personnel de
l’université est remonté à bloc et je te parle même pas des étudiants qui
veulent retourner en cours. Y sont capable de sauvagerie ces p’tits gars. Je
suis contre la violence mais les grévistes, « ce qu'ils veulent, c’est
instaurer la Commune à Rennes 2»&lt;a href=&quot;http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/#_ftn2&quot; name=&quot;_ftnref2&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Je
me verrai bien entrer dans le Hall B à la tête d’une armée démocratique
composée des forces vives de notre université. Un peu à la manière de Thiers
pénétrant dans Paris à la tête des Versaillais. On collerait les quelques
meneurs contre le mur, là où on peut lire « Vive la dictariat du
prolétature », tu vois, à l’entrée de la fac ? Histoire de leur
retourner à la tronche leurs théories situationnistes. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On a comme l’impression que tu es énervé. Il n’y a pas que les nuits
trop courtes qui te mettent dans cet état là, hein Marco ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Attends, vieux : avec la loi
LRU, je tenais mon autonomie à moi. La fac, c’était ma chose : la loi
Pécresse stipule que le président de l'université dispose de nouveaux
pouvoirs : c’est-à-dire que j’allais disposer d'un droit de veto sur les
affectations de personnels, que j’allais être responsable de l'attribution des &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Prime_%28r%C3%A9mun%C3%A9ration%29&quot; title=&quot;Prime (rémunération)&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;primes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; aux personnels et que j’aurai pu
recruter, pour une durée déterminée ou indéterminée, des &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_contractuel&quot; title=&quot;Agent contractuel&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;agents
contractuels&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; sur des postes d'enseignement, de recherche, techniques
ou administratifset ça pour une durée déterminée ou indéterminée. La déprime
me guette, tu sais. J’ai l’impression d’être Icare : j’étais près du
soleil et patatra, les totos me mettent des bâtons dans les réformes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tu ne m’enlèveras pas de l’idée que tu étais plus sympa, il y a deux
ans avec les jeunes qui s’opposaient au CPE ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’était la belle époque cette
histoire de CPE. Les étudiants foutaient le boxon sur la place du Parlement, en
centre-ville, ils nous foutaient relativement la paix à la fac. Et puis, la
majorité était contre le CPE, j’allais quand même pas me mettre la majorité à
dos.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comment tu vois l’avenir ? Ce conflit va-t-il avoir une fin ou, puisque
c’est la grande mode dans le monde, ces altercations vont-elles devenir un
conflit de basse intensité qui se réveillera de temps en temps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;[Il se redresse et bombe le
torse] Je vais te dire un truc mon petit pote : il est bien évidemment hors de
question que&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;ma fac devienne la bande de
Gaza des affreux de l’extrême gauche. Je peux même te confier une chose que tu
garderas pour toi : ça m’étonnerait pas que l’extrême gauche elle-même mette
fin à cette occupation stérile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Qwaaaaa ? Qu’est-ce à&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;dire ?
L’extrême gauche trahie par l’extrême gauche... ça serait nouveau ça.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;[Il se marre comme un vilain
garnement] Ouaip mais d’ici peu, ce sont les services d’ordre des syndicats et
des partis de la gauche extrême qui vont venir balayer du toto dans les
couloirs. Y’a des bruits qui courent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Donc tu crois que la loi LRU va passer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tu plaisantes ou quoi ? Bien sûr
qu’elle va passer. D’ailleurs, elle est déjà passée, je te rappelle. Elle va
passer parce qu’il faudrait que les énervés qui bloquent les facs ouvrent leur
contestation, que les Français les suivent dans un lutte globale contre
Sarkozy. Là, il y aurait une chance. Mais sinon, c’est mort pour eux. Les
Français ont trop peur de perdre le peu qu’ils ont. C’est ça la force de Sarko.
On devrait lui confier une chaire de psychologie des foules à celui-là. Ici, à
Villejean. Quand il veut !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;
&lt;hr align=&quot;left&quot; size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; /&gt;

&lt;div id=&quot;ftn1&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/#_ftnref1&quot; name=&quot;_ftn1&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Entretien sur le site
tempsreel.nouvelobs.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div id=&quot;ftn2&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/#_ftnref2&quot; name=&quot;_ftn2&quot; title=&quot;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Entretien sur le site
Rennes-infonhet.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/12/22/Un-entretien-presque-imaginaire-du-Clebard-avec-Marc-Gontard-president-de-luniversite-Rennes-2#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>N°17  Sans-papiers : la chasse est ouverte</title>
    <link>http://www.leclebard.org/index.php/post/2007/10/13/N17-Sans-papiers-%3A-la-chasse-est-ouverte</link>
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    <pubDate>Sat, 13 Oct 2007 18:51:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Desaix_Couv17.JPG&quot; /&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les contrôles d'identité s'intensifient et les centres de rétention
fleurissent un peu partout.&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;Quand bien
même un chiffre annuel de 25 000 expulsions a été fixé comme objectif par
Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, son ami de 30 ans et récemment ministre de
l'identité nationale, les autorités administratives parlent elles pudiquement &lt;span&gt;  &lt;/span&gt;« d'aide au retour ». On souhaite faire
diminuer les morts sur les routes et tout aussi rationnellement, on veut
augmenter les reconduites à la frontière. Sans complexe. Désormais, on évoque
le terme de rafles, celles qui poussent les étrangers en situation irrégulière
à vivre comme s'ils étaient en cavale. Même les membres des forces de l'ordre
se disent choquées par le développement du « délit de faciès ». A Rennes, comme
partout en France, la chasse aux sans-papiers est désormais ouverte.&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans les années 60, la France et
ses grandes industries dépêchaient leurs émissaires dans les anciennes colonies
pour y recruter la main d’œuvre qui faisait défaut sur les chaînes des usines.
Bon an, mal an, la société française s’accommodait de ceux que l’on désignait
comme les « travailleurs immigrés. » Dès la fin des années 70, ils
n’étaient plus que des « immigrés. » En 1980, les édiles de Vitry-sur-Seine,
membres d’un parti se réclamant des travailleurs, faisaient même donner les
bulldozers contre un foyer Sonacotra hébergeant des Maliens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au début de l’été 2007, le
président de la République en personne s’en est allé démontrer aux africains qu’ils
étaient responsables de leur condition. Qu’ils s’en sortent donc eux-mêmes,
mais sans sortir de chez eux, comme les pauvres chez nous invités à créer leur
entreprises pour qu’on n’ait plus à les « assister ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Entre temps, de discours
populistes en rodomontades racistes, le Front National a pollué la vie
politique pendant plus de 20 ans et il n'est pas encore mort.&lt;span&gt;  &lt;/span&gt;Assurément, il n'a pas dit son dernier mot
puisque ses thèses sur l'immigration, après avoir contaminé tout le corps
politique, structurent toujours le débat. Nous avons ainsi appris par Laurent
Fabius, alors chef du gouvernement, que l'immigration était une bonne question
mais que les réponses apportées par le Front National étaient mauvaises. Nous
avons également découvert que les charters ne transportaient pas que des
touristes en goguette. Un autre Premier ministre a expliqué que la France ne
pouvait pas accueillir toute la misère du monde, avant qu'un futur président ne
fît dans la parabole vulgaire pour s'adresser au travailleur français qui ne
supportait plus le bruit et l'odeur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La législation a accompagné le
verbe dévoyé et s'est durcie, catégorisant, désignant à la vindicte et, in
fine, actualisant la bonne vieille parade du bouc émissaire en période de
vaches maigres. Politique assumée et revendiquée par la droite, avant même
qu'elle ne soit décomplexée. La gauche de gouvernement, quant à elle,
tergiversait, s'enhardissant à réformer les lois Pasqua-Debré pour ne pas avoir
à les abroger. Elle restait et demeure paralysée par le dilemme dans lequel
elle s'est enfermée initialement : l'immigration est un problème et les
réponses apportées par la droite et/ou l'extrême droite sont mauvaises. Ce
faisant elle reste prisonnière d'une problématique créée et entretenue par ses
adversaires, à leur entier bénéfice.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De fait, un consensus s'établit
présentant l'immigration comme un problème qui se pose à la société et auquel
il faut remédier coûte que coûte. Hormis à la gauche de la gauche, on ne la
considère pas comme une réalité avec laquelle composer. Et avec laquelle on
compose déjà. Car, par-delà les expulsions médiatiques qui déshonorent une
démocratie par ailleurs portée au pinacle, par-delà les opérations de basse
police et même les rafles, la source ne se tarit pas. En effet, que peut un gouvernement,
quel qu'il soit, face à des femmes et des hommes poussés par une misère sans
nom ? Des femmes et des hommes prêts à mourir de faim dans un contener sur un
cargo, prêts à tenter leur chance dans le train d'atterrissage d'un avion de
ligne, prêts à braver l'océan sur des radeaux de fortune ou à se jeter sur des
barrières de fils barbelés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Face à ces réalités, le discours
paternaliste aux relents racistes adressé par un Sarkozy à « l'homme noir » est
non seulement odieux mais dérisoire. Tout comme la campagne de communication
initiée récemment par le gouvernement espagnol dans les pays de départs pour
tenter de dissuader les candidats à l'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Surtout, ces gesticulations
permettent aux pays riches de fuir leurs responsabilités. Historiquement, leur
prospérité prend sa source dans l'esclavage, puis l'exploitation des peuples
colonisés comme main d'œuvre à bon marché, tandis que leurs ressources
naturelles étaient pillées. Mais s'il ne s'agissait encore que du passé. La
saignée des pays du Tiers Monde se perpétue dans les rapports de domination et
de sujétion. Tant que les pays riches maintiendront dans la misère des
populations entières, ces dernières n'auront comme seul espoir que l'exil. Au
risque d'enfoncer une porte ouverte, il est salutaire de rappeler que ce n'est
pas l'immigration qui constitue un problème, mais la misère matérielle et
morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>N°15 Rennes : on t'aime (quand même)..</title>
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    <pubDate>Thu, 08 Mar 2007 14:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/clebard15/.cleb_15_s.jpg&quot; /&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les temps sont à la nostalgie, et Rennes n’échappe pas au phénomène du « c’était mieux avant ! ». Des années durant, la capitale
bretonne trônait en tête des classements – certes fumeux – des villes où il fait bon vivre. Elle était associée à sa vitalité économique, ses étudiants, sa
richesse culturelle, sa scène musicale, sa joie de vivre. Depuis quelques années, on évoque davantage les soirées trop arrosées d’une jeunesse qui serait
désoeuvrée, les fermetures d’usines, la montée des prix de l’immobilier et sa conséquence, la crise du logement. Rennes ne serait plus Rennes. Le Clébard est
attristé par certaines évolutions, mais il ne sombre pas dans une sinistrose teintée de mélancolie. Car non seulement il subsiste des îlots de résistance
dans notre ville, mais il s’en crée aussi tout les jours, ou presque. Voici donc un dossier résolument positif, où le Clébard se transforme en guide des
lieux et des gens qui font aimer Rennes.&lt;/p&gt;    &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt;Pas
facile d’être à l’avant-garde quand on est une ville de province dans la France
jacobine parisiano-centrée. Et pourtant Rennes relève le défi sans problème. Il
y a un an, le gouvernement voulait écraser la jeunesse sous le joug d’un CPE
annonciateur d’une énième régression sociale. La France se demandait si les
jeunes allaient accuser le coup sans moufter comme leurs aînés l’avaient fait
quelques mois plus tôt avec le CNE. Les médias pariaient sur un nouveau succès
en force d’une droite inébranlable transformée en véritable rouleau compresseur
depuis la présidentielle de 2002. Du coup, ça hésitait fort dans les campus. Jusqu’à
ce que la fac de Villejean, à Rennes, se bouge. Grève, manifs, assemblées
générales réunissant des milliers d’étudiants, puis construction d’un village
autogéré place du Parlement, la ville s’est découverte fer de lance d’un
mouvement qui a duré tout le printemps, et réussit ce qu’enseignants,
fonctionnaires, électriciens et gaziers avaient raté : faire reculer un
gouvernement de droite de l’après 2002. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt;Rennes
à la tête d’un mouvement social d’ampleur nationale, ce n’est pas si fréquent.
Mais ce n’est pas dû au hasard pour autant. Avec son fort contingent d’étudiants,
la capitale bretonne affiche un visage juvénile, dynamique et ardent. Cette
vitalité se retrouve dans beaucoup de secteurs : festif, culturel, associatif
et militant. La richesse du tissu associatif rennais en est une conséquence
indéniable. Bien sûr, le soutien des collectivités locales, et de la
municipalité en particulier, a permis le développement de ce tissu associatif. Comme
dans beaucoup d’autres villes. Mais à Rennes, il existe une kyrielle d’autres
structures, peu ou pas aidées, préférant leur indépendance à une mise sous
perfusion pour subventionnite aigüe. Et c’est souvent de ces structures que les
plus belles surprises arrivent, loin des mondanités des gros festivals où le
tout Rennes aime se pavaner, car c’est là qu’il faut être vu. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt;Patricia
Loncle, chercheur à l’Ecole Nationale de la Santé Publique, a
mené une enquête sur les jeunes formes de l’engagement associatif rennais. Elle
s’est tout particulièrement intéressée aux associations récentes plutôt
positionnées dans une forme d’alternative aux associations traditionnelles soutenues
(et souvent) téléguidées par la municipalité ou la DRAC (Direction régionale
des affaires culturelles). Lors de cette enquête, elle a relevé quatre
caractéristiques du monde associatif rennais : l’innovation des activités,
l’amitié et la solidarité, la mise en avant de visions
« alternatives » à la société dominante, et un attachement au territoire
de la ville. Lors de son enquête, un militant associatif a ainsi relaté la
création de son association : &lt;em&gt;« On arrivait à la trentaine, on se
retrouvait un peu bloqués dans ce qu’on voulait faire alors que, peut-être, les
générations précédentes avaient réussi à le faire. Il y avait une espèce de
frustration, de prendre part à la construction sociale, à la chose publique au
sens propre du terme. C’était une manière de véhiculer des idées, d’essayer de
faire changer un peu le monde ».&lt;/em&gt; De même, un autre militant explique :&lt;em&gt;
« Je pense que Rennes a de l’avance. J’en sais rien, je dis ça… Peut être
que je fais « ouais, ma ville, c’est la plus belle des
villes ! » mais bon… Oui, je pense qu’on a de la chance. Rennes c’est
une ville qui permet ça. (…) C’est un grand tas d’activistes qui se rejoignent
en disponibilité, affinité ».&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt;Alors
activistes de tous poils, rassurez-vous ! A Rennes, vous trouverez tout
plein de gens comme vous. Ce dossier va vous guider dans votre recherche des
lieux et des initiatives à découvrir. Sachant que la liste ne saurait être
épuisée… Au cours de cette lecture, vous comprendrez que les commerçants ne
sont pas tous poujadistes et vendus au sacro-saint culte de la rentabilité
économique. Des librairies (Planète Io, Alphagraph…), des cafés-concerts (le
1929, Le Sablier, le Mondo Bizarro, le Sablier,…), des bars (Ramon &amp;amp; Pedro,
le Scaramouche…) se battent pour promouvoir de nouveaux talents littéraires ou
musicaux, et véhiculer une autre idée de la culture. Vous verrez aussi que les Rennais
résistent : des collectifs se mobilisent car ils n’acceptent pas que les
écoles deviennent le terrain de chasse de la police aux frontières.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt;C’est
ça le Rennes qu’on aime... quand même...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>N° 14 Véolia à Rennes : plongée en eaux troubles</title>
    <link>http://www.leclebard.org/index.php/post/2006/12/27/Le-Clebard-a-sa-memere-n-14-Veolia-a-Rennes-%3A-plongee-en-eaux-troubles</link>
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    <pubDate>Wed, 27 Dec 2006 21:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Laguérite</dc:creator>
        <category>Dossier du mois</category>
            
    <description>&lt;strong&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;Le Clébard &lt;/span&gt;&lt;span&gt;jette un pavé dans l’eau du robinet &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/index.php/post/2006/12/27/../public/Clebard14/Couv-14-Veolia.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;span&gt;Distribution de l’eau, tri sélectif, le
recyclage, chauffage urbain de certains quartiers, transport aussi, Véolia est
partout à Rennes.&lt;br /&gt;Pourquoi la Ville met tant d’œufs dans le même panier, celui
de la multinationale de l’eau ? Est-ce vraiment dans l’intérêt supérieur
des Rennais ? &lt;/span&gt;    &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au somaire du dossier Véolia :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Le quasi-monopole de Véolia sur les délégations de service public à Rennes&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Ces villes qui ont remunicipalisé leur eau… et s’en portent mieux&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Rencontre avec Christophe Montgermont, syndicaliste (viré) chez Véolia&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres articles sont consacrés ce mois-ci : &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;au Vénézuéla : Chavez prolonge son bail&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;au fichage ADN : pas de vie privée pour nos gènes &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;aux Transmusicales : la vraie fausse interview de Jean-Louis Brossard&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Etc..&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.leclebard.org/public/Clebard14/pub-clebard.jpg&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Pour se procurer le Clébard (à sa mémère), ça n’est pas toujours facile, mais c’est possible !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les librairies Alphagraph, Planète Io et celle du campus de Villejean.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les tabacs-presse Le Saint-Germain, le Duguesclin, le Gambetta, Presse des Lices, le Mag Presse (rue Jean Guehenno).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bistrots le Henri Cording Bistrot, au Sablier, au 1929, à la Bernique Hurlante, au Scaramouche, chez Ramon &amp;amp; Pedro, à L’Atelier de l’artiste, au Gazoline, à L’Archipel. Et aussi à la boutique Le Jardin de poche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains samedi matin sur le marché des Lices...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.leclebard.org/index.php/post/2006/12/27/Le-Clebard-a-sa-memere-n-14-Veolia-a-Rennes-%3A-plongee-en-eaux-troubles#comment-form</comments>
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