Correspondants de nuit : le vernis municipal craque
Par Laguérite le jeudi 8 mars 2007, 13:45 - A rennes - Lien permanent
Rien ne va plus entre les 14
Correspondants De Nuit rennais et Optima, l’association qui les emploie. A
l’instar de leurs collègues de Nantes, ils sont en débrayage depuis le 22
janvier. « Normalement on commence
le service à 19h 30 environ, après une demi-heure de briefing. Là on débraye de
19h à 19h59 » expliquent Hélène et Romain.
Le conflit avec la direction ne date pas d’hier. Déjà en 2005 les négociations sur les horaires et les conditions de travail des CDN s’étaient soldées par la démission du CE devant l’autisme de cette dernière.
Depuis, le dialogue entre la direction et les correspondants plutôt démotivés n’a guère progressé. Cet été, les tranches horaires d’intervention des Correspondants de nuit ont été modifiées. Avant le service commençait à 20h45 et finissait à 3Hh45, ce qui leur permettait de profiter de leur famille avant d’aller au boulot. C’était déjà ça. Difficile maintenant pour Hélène de dîner avec son compagnon et son petit garçon avant de prendre le service. Le plus rageant est que la direction a pris cette décision de façon unilatérale. De la part d’une association dont le rôle est d’être « à votre écoute pour une meilleure qualité de vie », ça laisse songeur…
La direction d’Optima recentre toujours les négociations sur le nombre d’heures travaillées alors que les revendications des salariés portent sur l’aménagement des séquences de travail et des jours de repos. Dialogue de sourds? Incapacité de la direction à gérer les plannings ?
Ce que veulent les CDN c’est travailler plus – incroyable ! – c'est-à-dire faire leurs 1690 heures réglementaires par an, quota qu’ils n’atteignent pas tout à fait comme s’en plaint la direction. Mais s’ils sont prêts à travailler quelques heures de plus par service, les correspondants souhaitent « moins de séquences et une augmentation des pondérations ». En d’autres termes ? Ils demandent simplement des jours de travail plus espacés et donc des plages de repos d’au moins deux jours qui leur permettent de récupérer réellement d’un boulot très fatiguant.
Ces Correspondants de nuit, vous les avez déjà peut-être rencontrés si vous habitez Maurepas, Patton, Le Blosne ou les Champs Manceaux. Ils se baladent par deux, avec leur blouson jaune – aucun risque donc de les confondre avec un couple de mormons - jouant un rôle de médiateurs auprès des habitants, leur rendant de petits services. Les interventions des CDN sont multiples. Ca va du « j’ai perdu mes clés, je suis à la porte » à « il y a des jeunes en bas de chez moi qui jouent au foot » ironise Hélène, CDN depuis 3 ans. Mais parfois les interventions des CDN requièrent plus de doigté. Conflits entre voisins, violences conjugales, tensions avec les jeunes du quartier les amènent parfois à intervenir en parallèle avec la police, ce que déplorent d’ailleurs Hélène et Romain. En effet ils ne souhaitent pas voir leur action associée à la présence policière dans les quartiers. Romain s’insurge d’ailleurs contre la direction qui leur demande parfois de « faire un boulot de flics ». Hors de question pour lui d’intervenir à la place de la police ou de fliquer la population.
Le boulot est difficile et les place parfois dans des situations limites. Romain évoque les scènes d’une extrême violence auxquelles il a assisté parfois sans pouvoir y faire grand-chose, à moins de se mettre en danger lui-même. Le lendemain au travail il était sur les nerfs, « prêt à exploser » explique t-il.
Aux dernières nouvelles le ton de la direction s’est durci : soit les CDN acceptent leurs conditions actuelles de travail, soit c’est mi-temps pour tout le monde avec une perte de salaire de 80 euros par mois (sur 1200 net en moyenne). Petite concession tout de même : les formations non rémunérées en plus des heures de travail ne seront plus obligatoires !
Joli chantage de la part d’une asso loi 1901, créée en 1996 à l’initiative, en autres, d’un élu de quartier de gauche. Le mot d’ordre d’Optima qui est « de favoriser le lien social, le renforcement des comportements citoyens et le bien-être de la population » ne bénéficiera manifestement pas à ses propres salariés.
M. F.

Commentaires
bonjour on a le meme probleme sur la ville de calais changement d,horaires salaires net 1112,00 euros aucune reconnaissance de notre fonction que tout les pouvoirs public utilise quand ca les arranges vivement une convention collective et que nous soyons payer correctement car aucune compensation financiere du travail de nuit et des jours feries nous sommes envoyes souvent au casse pipe deux agents pour faire de la mediation avec une bande qui atteint souvent plus de quinze jeunes