Edmond Hervé : un entretien (presque) imaginaire du Clébard
Par Laguérite le jeudi 8 mars 2007, 14:00 - A rennes - Lien permanent
Un soir de conseil municipal, le Clébard traînait aux abords
de l’Hôtel de Ville lorsqu’il a vu débouler Edmond Hervé, ou un type qui
ressemblait à not’ bon maire, dans un bistrot presque désert. En fin limier, le
Clébard a tapé l’incruste, et posé les questions qui lui trottaient dans la
tête. Le gars avait réponse à tout.
Alors Edmond, bientôt la quille ?
Ouais. Je prépare une chouille d’enfer. J’ai fait les réserves de cidre doux et de bière sans alcool. On va se mettre minable, j’te le dis tout de suite. Ce sera au moins ça de pris. Parce que c’était quand même pas de bol : le week-end où j’annonce mon départ, l’Abbé Pierre casse sa pipe. Il n’y en avait que pour lui ! Mais c’est vrai qu’il le méritait. On boira aussi à sa santé.
Pourquoi cette décision de quitter la mairie ?
Quand je me promène dans Rennes, je demande aux gens depuis quand ils habitent dans notre bonne ville. S’ils sont arrivés avant 77, j’ai l’habitude de les regarder avec un petit sourire de connivence en leur disant : « alors on partage une histoire en commun ». L’arrivée de la gauche après des décennies de droite, tu vois ? Depuis quelques temps, je me suis rendu compte que les gens à qui je peux dire ça ont de plus en plus de cheveux blancs, ou pas de cheveux du tout. Ça m’a foutu le bourdon.
C’était quand même un sacré exploit, ton élection à seulement 34 ans contre Fréville.
J’ai été aidé par mon physique. A 34 ans, je faisais beaucoup plus. Ça a dû rassurer les gens.
En partant, t’as pas peur de laisser un boulevard à la droite ?
Mais non. En 30 ans de pouvoir, le PS rennais a eu le temps de tout cadenasser. Les assos, les travailleurs sociaux, les services de la mairie, on tient tout ! Même les plus staliniens des cocos en crèvent de jalousie.
Alors, pas de regrets ?
Trente ans à faire la morale à tout le monde en s’astreignant, pour la cohérence, à un régime de moine copiste, ça finit par lasser. Mais je garderai de bons souvenirs : le congrès de Rennes du PS, l’éclate totale ; j’ai adoré jouer à « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » avec la préfète, aussi. Ah, et les bars, les caf’conc’, qu’est-ce que je me suis marré avec les patrons ! Mais attention, sobriété, hein, c’était pour les faire fermer les uns après les autres. Et je suis très fier de mes derniers exploits : faire financer Les Champs Libres par toutes les communes de l’agglo et virer les Trans’ du centre-ville.
On évoque Delaveau pour la succession.
Ouais, tant pis pour le renouvellement du paysage politique local. Daniel était de ma première équipe en 77. C’est pas vraiment un souffle d’air frais, mais bon, au moins il assurera une transition en douceur.
Et le Sénat, c’est vrai que tu y penses ?
Affirmatif. J’ai un peu peur de la solitude. Je me dis que la maison de retraite serait une bonne solution. En plus le cadre est sympa : je pourrais aller donner à manger aux canards du jardin du Luxembourg. Enfin, si c’est pas interdit par le règlement du parc.
Inventé par Romain Durand et Robert Dauphin

Commentaires
Delaveau est plus qu'une évocation désormais puisqu'il a été officiellement désigné il y a quelques jours par le PS rennais pour porter ses couleurs. Cela dit, avec le PS on a l'habitude. Ségolène est un bébé mitterrand, Delaveau est un bébé Hervé, le renouvellement, c'est juste une posture. La réalité est tout autre.