L’AMAP, la consommation est soluble dans la solidarité
Par Laguérite le samedi 22 décembre 2007, 18:09 - A rennes - Lien permanent
Cette histoire prend racine
dans le Japon des années 60. L’agriculture est si intensive que des mères s’inquiètent
pour la santé de leur famille. Elles se regroupent alors et passent un contrat
avec un agriculteur : elles achètent toute sa production à l'avance, l'agriculteur
s'engageant à ne pas utiliser de produits chimiques. Les premiers
"Teikei" sont nés. L'initiative s'est propagée en Suisse avec les
Food guilds, puis aux USA avec les Community Supported Agriculture. C’est après
avoir découvert ceux-ci lors d’un voyage aux Etats-Unis que des agriculteurs varois
créèrent la première AMAP, en avril 2001, avec des membres d'ATTAC Aubagne. Leur
exploitation est toujours en activité aujourd’hui, contrairement à 15 000
(souvent de petite taille) d’entre celles qui existaient alors dans la région.
Mode d’emploi. Deux « saisons » rythment l’année : printemps/été et automne/hiver. Les adhérents paient l’ensemble de leurs paniers au début de chaque saison. L’agriculteur livre ensuite les paniers à un rythme et sur un lieu convenus ensemble. Ce peut être une fois par semaine l’hiver, deux l’été, chez un adhérent ou dans une salle prêtée à l’association… Les adhérents, qui habitent tous le même quartier, viennent alors chercher leurs paniers. Certains aident à la distribution. Au cours de la saison, des activités sont organisées sur le lieu de production afin d’aider l’agriculteur (on en profite pour se former !) ou tout simplement, passer du bon temps autour d’un pique-nique fermier…
Une relation solidaire. Le prix du panier n’est pas déterminé par rapport à un prix au kilo ou à la logique du marché, mais par rapport aux besoins des personnes : le producteur a besoin d’une somme d’argent pour vivre et assumer les charges liées à son activité, tandis qu’un certain nombre de personnes a besoin de légumes (par exemple). Pour trouver le prix du panier, on divise donc la somme nécessaire à l’agriculteur par le nombre de paniers qu’il fournira. Si les conditions météo sont défavorables, les paniers seront moins lourds, mais le producteur ne sera pas en faillite ; si la saison est belle, il peut s’attendre à transpirer, mais pour les consommateurs, ce sera la corme d’abondance ! Cette solidarité permet à des agriculteurs bio fragiles de se maintenir dans un contexte économique peu avenant, ou à d’autres, de s’installer ou encore d’entamer une reconversion bio, tandis que les consommateurs y trouvent leur compte en termes de qualité alimentaire et relationnelle ainsi que de budget.
A nous de jouer… La marque "AMAP" a été déposée par l’association Alliance Provence (Paysans Ecologistes Consommateurs), mais n’importe qui peut en créer une. En Bretagne, l’association des AMAP d’Armorique propose des outils efficaces qui transforment les démarches en véritables parties de plaisir. Objectif officiel : 12 AMAP de plus d’ici juillet. Mais Michel Chabuel, son président, espère en fait créer un réseau d’une trentaine d’AMAP en Ille-et-Vilaine et souligne que l’on risque plus un manque de producteurs que de consommateurs… Marie-Claire a été embauchée au mois de novembre grâce à une aide du Fond Social Européen octroyée pour 8 mois. Elle a affûté sa pratique lors de la création d’ « AMAPOUSSE », la première AMAP de Rennes, située dans le quartier de Maurepas et dont les statuts ont été déposés le 22 novembre 2007. Le Clébard guette la germination qui ne manquera pas de se produire dans d’autres quartiers…
Pour contacter l’association des AMAP d’Armorique : amap.armorique@gmail.com
Pour contacter AMAPOUSSE : amaprennes@gmail.com

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