Comme on se retrouve ! Fini la politique, retour aux valeurs sûres du rugby ?

LLB : Ouais ! Au rugby, quand on a envie de gratter ses crampons avec les dents de son adversaire, on le fait au vu de tous. Les coups bas par derrière, ça n'existe pas. Cela dit, je ne regrette pas le temps où j’étais président de club. C’est du passé. Actuellement, ma carrière politique subit un petit coup d'arrêt, mais ça reviendra. Je n'ai que 44 ans et en mars prochain il faudra reconstruire sur les décombres laissés par le toubib.

 

Chirurgien !

Qu'est-ce que ça change ? C'est une bille en politique ! Il a le charisme d'une salle d'opération, il est froid comme un bistouri...

 

Mais c'est le poulain de Mehaignerie, l'homme fort de l'UMP en Ille-et-Vilaine...

Pierrot, c’est surtout une plaie pour l'UMP à Rennes. Il a propulsé Boudjema pour bien se faire voir de Sarkozy et sa pseudo politique d'ouverture.

 

En 2001, c'était toi qu'il avait propulsé. T'étais guère plus expérimenté que Boudjema à l'époque...

T’as vu le résultat ? Laminé en 2001 aux municipales, battu et rebattu en 2002 et 2007 aux législatives. On aurait pu éviter au petit de vivre pareille désillusion. Au moins, j'ai l'expérience de la défaite, je sais encaisser les chocs. Le toubib, il chie dans son short, je sais que le noir et le rouge sont les couleurs du stade rennais, mais là je vois plus le rouge.

 

Tu fais de l’humour à la Bigard, maintenant ?

Ouais, c’est tendance à l’UMP. Et je m'entraîne pour la troisième mi-temps. J’ai pas dit mon dernier mot. J'ai encore de l'influence au sein de la droite rennaise. Fin janvier, j'ai proposé mon aide au Modem, je leur ai dit que je pouvais leur amener six ou sept personnes importantes. Un bon pack d'avants histoire de creuser une brèche dans la liste UMP officielle. Si le Modem arrive en tête de l'opposition le soir du premier tour, l'UMP sera bien obligée de négocier. Je tiendrais ma revanche !

 

Qu'a répondu le Modem ?

Bof. Je sens que certains sont attirés par ma proposition, mais mon image de perdant me colle à la

peau. C'est foutu, la droite va se prendre une branlée. Je vois déjà les vieux apparatchiks du PS venir nous serrer la main lors du premier conseil municipal de la prochaine mandature en nous sifflant sournoisement aux oreilles : « Sorry, good game ». Ça me rend malade.

 

La cabane est tombée sur le chien ?

Depuis longtemps ! Faut être parisien pour croire que le président local du comité de soutien à

Sarkozy lors de la dernière Présidentielle est la meilleure chance pour la droite rennaise. Ils ont vu le score de Sarko à Rennes en mai 2007 ? Ils croient peut-être que ses résultats mirobolants en matière de pouvoir d'achat ont bonifié son image ici ?

 

Il y avait pourtant un coup à jouer avec le départ d’Edmond Hervé…

Même pas. Rennes est une ville jeune, et la droite ne dorlote que les vieux. On fait un carton auprès de l’association Vivre à Rennes centre, ou de certains commerçants, mais ça pisse pas très loin. En parlant de pisser, je vais me reprendre une pinte.