Outre une opposition en déconfiture – rappelons que la tête de liste élue en 2007, Karim Boudjema a, depuis son élection, démissionné du Conseil municipal et que la tête de liste du Modem Caroline Ollivro se voit contrainte à la démission après l’invalidation de ses comptes de campagne – l’absence des Verts et de la LCR au Conseil municipal limite sensiblement le paysage politique à gauche. Certes, on peut noter la présence de petits partis comme les Radicaux de gauche, l’Union Démocratique Bretonne, les Rouge et vert, Rennes Métropole Ecologie et le Parti Communiste. A y regarder de plus près, que penser du pouvoir politique réel de ces petits partis satellites ? Comment faire valoir ses idées lorsque sa subsistance politique dépend du bon vouloir d’un parti hégémonique et peu tolérant quant aux écarts de conduite de ses partenaires ? Car le parti socialiste rennais durant les municipales avait annoncé la couleur : on est avec le parti socialiste ou contre lui !  Cette oukase, que peut se permettre un parti ayant réalisé un score écrasant tant aux municipales qu’aux sénatoriales interroge tout de même quant à la volonté des élus de la majorité de susciter une véritable vie démocratique au sein des institutions politiques locales. Les plus avertis ont pu suivre les négociations entre partis dans la presse quotidienne régionale : les Verts ayant choisis de présenter une liste autonome dès le premier tour, ils se sont vus exclus d’une négociation au second tour avec le parti socialiste. Comme si tenter d’exister politiquement à gauche en dehors du PS constituait une offense telle qu’elle devait se solder par une sanction à la hauteur du crime de lèse majesté. Bien-sûr, les listes sont constituées dès le premier tour et les partis font campagnes sur ces dites listes. Cela serait-il trahir les électeurs que de modifier entre les deux tours des listes de toute façon provisoires ? Franchement, lorsqu’on connaît le capital de sympathie des électeurs de base socialistes pour les Verts, lorsqu’on inventorie les nombreuses tentatives d’alliance entre le PS, le PC et les Verts de la « gauche plurielle » à la « gauche unie », une alliance de second tour avec eux serait-elle à ce point contre nature ? On peut, par comparaison,  légitimement se demander combien le PC pèse en termes de voix  aujourd’hui et quel serait son score s’il se présentait en dehors d’une liste d’union à Rennes ? En a-t-il même les moyens ? Et pourtant…le PC, fidèle parmi les fidèles se voit récompensé de six élus. La peur de la droite ? A Rennes, son compte est bon depuis longtemps. Il était malhonnête de faire jouer cette corde là et d’effaroucher les électeurs avec une très improbable victoire de l’UMP local.

Au final, Rennes s’illustre comme l’exemple type  de « la société des socialistes » décrite par les politistes Lefèbvre et Sawicki : une société de plus en plus renfermée sur elle-même et centrée sur la préservation de ses positions de pouvoir, avec un fonctionnement archaïque propre, basé sur la sanction et la récompense.