La vie en rose
Par Laguérite le samedi 8 novembre 2008, 11:49 - Dossier du mois - Lien permanent
Outre
une opposition en déconfiture – rappelons que la tête de liste élue en 2007,
Karim Boudjema a, depuis son élection, démissionné du Conseil municipal et que
la tête de liste du Modem Caroline Ollivro se voit contrainte à la démission
après l’invalidation de ses comptes de campagne – l’absence des Verts et de la
LCR au Conseil municipal limite sensiblement le paysage politique à gauche.
Certes, on peut noter la présence de petits partis comme les Radicaux de gauche,
l’Union Démocratique Bretonne, les Rouge et vert, Rennes Métropole Ecologie et
le Parti Communiste. A y regarder de plus près, que penser du pouvoir politique
réel de ces petits partis satellites ? Comment faire valoir ses idées
lorsque sa subsistance politique dépend du bon vouloir d’un parti hégémonique
et peu tolérant quant aux écarts de conduite de ses partenaires ? Car le
parti socialiste rennais durant les municipales avait annoncé la couleur :
on est avec le parti socialiste ou contre lui ! Cette oukase, que peut se permettre un parti
ayant réalisé un score écrasant tant aux municipales qu’aux sénatoriales
interroge tout de même quant à la volonté des élus de la majorité de susciter
une véritable vie démocratique au sein des institutions politiques locales. Les
plus avertis ont pu suivre les négociations entre partis dans la presse
quotidienne régionale : les Verts ayant choisis de présenter une liste
autonome dès le premier tour, ils se sont vus exclus d’une négociation au
second tour avec le parti socialiste. Comme si tenter d’exister politiquement à
gauche en dehors du PS constituait une offense telle qu’elle devait se solder
par une sanction à la hauteur du crime de lèse majesté. Bien-sûr, les listes
sont constituées dès le premier tour et les partis font campagnes sur ces dites
listes. Cela serait-il trahir les électeurs que de modifier entre les deux
tours des listes de toute façon provisoires ? Franchement, lorsqu’on
connaît le capital de sympathie des électeurs de base socialistes pour les
Verts, lorsqu’on inventorie les nombreuses tentatives d’alliance entre le PS,
le PC et les Verts de la « gauche plurielle » à la « gauche
unie », une alliance de second tour avec eux serait-elle à ce point contre
nature ? On peut, par comparaison, légitimement se demander combien le PC pèse en
termes de voix aujourd’hui et quel
serait son score s’il se présentait en dehors d’une liste d’union à Rennes
? En a-t-il même les moyens ? Et pourtant…le PC, fidèle parmi les fidèles
se voit récompensé de six élus. La peur de la droite ? A Rennes, son
compte est bon depuis longtemps. Il était malhonnête de faire jouer cette corde
là et d’effaroucher les électeurs avec une très improbable victoire de l’UMP
local.
Au final, Rennes s’illustre comme l’exemple type de « la société des socialistes » décrite par les politistes Lefèbvre et Sawicki : une société de plus en plus renfermée sur elle-même et centrée sur la préservation de ses positions de pouvoir, avec un fonctionnement archaïque propre, basé sur la sanction et la récompense.

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